La «gastronomie» canadienne – spécial Jour du Canada Day



Pause au boulot; conversation avec un collègue et ami

Moi : As-tu vu la dernière pub de Lay’s sur les « saveurs du Canada »?
A. : Oui! C’est n’importe quoi.
Moi : C’est drôle comment les Canadiens se font croire qu’ils ont une gastronomie typique dans cette pub-là.
A. : On s’entend que la poutine, ça vient d’ici.
Moi : À part les Nanaimo Bars, y’ont RIEN inventé.

***
30 juin, un peu après 11 heures, au volant de ma voiture. 

Je syntonise Ici Première. Rachel Gaulin, journaliste pour Bien dans son assiette, interviewe Pascal Ménard, chef à l’édifice des Affaires étrangères, à Ottawa. La journaliste lui demande ce qu’il y aura au menu le premier juillet.

Chef Ménard : Saumon de l’Atlantique, bison de l’Outaouais, fromages du Québec, mets de Saskatoon, fraises du Québec.

R.G. : Quels sont les mets typiquement canadiens que l’on sert aux ambassadeurs et aux invités lors des célébrations du premier juillet?

Chef Ménard est incapable de répondre. Elle reformule. 

R.G. : Quels plats les invités seront très déçus de ne pas retrouver à leur menu lors de la fête du Canada? 

Chef Ménard : Le sucre à la crème et la tarte au sirop d’érable. 

R.G. : Il y a donc des incontournables du premier juillet malgré l'absence de menu typique.

Chef Ménard : Quelques produits, pas beaucoup, mais quelques-uns.

Plus tard dans le reportage, madame Gaulin questionne le chef exécutif à la résidence du Gouverneur général du Canada, Louis Charest. Son mandat lors des réceptions: prendre un élément typiquement canadien et un autre typique du pays en visite pour créer les plats au menu. Voici les exemples qu’il donne de plats typiquement canadiens qui ont été jumelés à divers éléments de la gastronomie mondiale : fèves au lard, tilapia d'élevage, tourtière.

Chef Charest aborbe ensuite la constitution d’un  menu royal dont le mandat est de faire la promotion des produits canadiens. Il cite l’exemple des beignets farcis au fromage de la Colombie-Britannique et à la rhubarbe. Il donne aussi ceux de divers types de vins, du sirop de bouleau et de la mélasse[1].

***
Bison de l’Outaouais, fromages et fraises du Québec. Sucre à la crème, tarte au sirop d’étable. Tourtière. Faut les comprendre, ces pauvres Canadiens, d’avoir peur de se séparer de nous. Y’auraient l’air pas mal fou à servir que des Nanaimo Bars  à leurs invités à l’ambassade. C'est bon, des Nanaimo Bars. À l'occasion. Mais en trop grande quantité, tout ce sucre raffiné, tout ce gras, ça finit par vous tomber sur le coeur, tsé.


[1] La mélasse n’est pas d’origine canadienne. J’ignore pourquoi le chef Charest l’a citée en exemple.

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